Vous recevez une mise en demeure de six pages. Faut-il répondre six pages dans l’heure ?
Un dirigeant vient me voir le lendemain de la réception d’une mise en demeure de six pages. Il a déjà préparé une réponse très détaillée dans laquelle il reconnaît certains retards, explique plusieurs difficultés et propose de payer une partie de la somme.
Faut-il l’envoyer immédiatement ? Pas nécessairement.
Une mise en demeure prépare souvent la suite du litige. La réponse peut donc devenir une pièce de procédure.
Avant d’écrire, il faut comparer les demandes au contrat, aux factures et à la chronologie, puis distinguer ce qui est réellement reconnu de ce qui est contesté. Une explication spontanée peut contenir une reconnaissance de fait ou de dette que le dirigeant n’avait pas mesurée.
Cela ne signifie pas qu’il faut garder le silence. Cela signifie qu’une réponse juridique doit être pensée comme un acte du dossier, pas comme un simple mail commercial.
Lorsque le conflit change de nature, la manière d’écrire doit changer avec lui.
Le mail écrit sous adrénaline est rarement le meilleur juriste du dossier.
Alors, dans notre cas ?
Dans notre cas, la réponse préparée par le dirigeant contient déjà plusieurs reconnaissances et une proposition de paiement.
Elle ne doit donc pas être envoyée dans l’urgence.
La solution consiste à reprendre d’abord les pièces et à rédiger une réponse qui distingue clairement ce qui est admis, ce qui est contesté et, le cas échéant, ce qui est proposé uniquement dans un cadre transactionnel.
À chaque dossier son terrain. À chaque adversaire sa stratégie.




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